mercredi 23 août 2017

Michel Plessix (1959 /2017)

Michel Plessix (1959 /2017)
 
J’ai découvert le travail de Michel Plessix en 1991- lors du festival de bande dessinée de Solliès-Ville. J’avais alors 14 ans et étais passionné par la bande dessinée. Ma première dédicace fut sur le premier tome de la série Julien Boisvert intitulé Neêkibo. J’eus la chance par la suite de faire dédicacer les deux tomes suivants : Gris noir et Jikuri. A chacune de ces –brèves- rencontres, Michel Plessix prenait non seulement le temps de réaliser une superbe dédicace, mais également d’échanger avec le dessinateur de BD amateur que j’étais. A l’époque, j’ai été marqué par ces dédicaces : Michel Plessix traçait tout d’abord un cadre rectangulaire dans lequel il dessinait avec méticulosité un personnage en premier plan, se découpant devant un vaste panorama. Puis, d’une belle écriture, il parachevait son geste d’une courte phrase  ponctuée de sa signature. Comme je le disais, j’éprouvais tant d’admiration pour ses dédicaces que je recopiais moi-même ce schéma lorsqu’une rare personne de ma classe de lycée souhaitait que je lui donne un de mes propres dessins.
Car oui, Julien Boisvert est avant tout pour moi un souvenir de lycée.  Outre le fait qu’avec ce personnage, je découvrais un personnage bien plus complexe que ses allures de boy scout ne pouvaient laisser imaginer, j’y découvrais aussi des histoires d’amitié, d’amour, d’abandon, de rapport au père et de trahison. Le tout était servi par un graphisme qui, sous les mêmes apparences bonhommes que son récit, se révélait grouillant de vie, de détails, de désir. Ne se figeant jamais, Michel Plessix ne cessait de faire évoluer son trait, de le perfectionner, de se confronter à de nouveaux effets de mises en pages jusqu’à atteindre une forme d'aboutissement dans le dernier opus. Je me souviens encore des échanges avec mon ami Fred lors de la sortie de cet ouvrage. Nous l’avions lu chacun de notre côté puis nous nous retrouvions pour décortiquer avec enthousiasme chacune des pages qui le constituait.
Dans Le vent dans les saules, puis Là où vont les fourmis, si je ne pouvais qu’admirer l’élégance de son trait,  je regrettais un peu cette noirceur et ce graphisme mouvant qui animait avec tant de vigueur Julien Boisvert.
Michel Plessix est décédé ce lundi 21 août 2017. S’il fait partie de ces auteurs qui auront eu une belle place dans mes souvenirs de lecteur, il occupe une place encore plus rare, celle de ceux qui auront véritablement accompagné un moment de ma vie.