samedi 25 mars 2017

"Le coin de la BD, Reportage et BD partie 2"

"Le coin de la BD, Reportage et BD partie 2" 

Depuis quelques années, nombre d'auteurs de bandes dessinées se sont transformés en reporters traitant des sujets aussi variés que l'actualité, le voyage...et même la cuisine. Venez découvrir cette bande dessinée de reportage lors d’une nouvelle séance du Coin de la BD. Ados-Adultes/ Gratuit/ Mardi 28 mars à 17h30 (arriver 5 min à l'avance, durée 1h environ)
Le SingulierS Médiathèque
3, BOULEVARD JOSEPH ROSSELLI, 69220 Belleville (Rhône)

vendredi 10 mars 2017

Jean Giraud / Moebius, 8 mai 1938 - 10 mars 2012.

Jean Giraud / Moebius, 8 mai 1938 - 10 mars 2012.

...il y a cinq ans:
Jean Giraud / Moebius (1938-2012). « Désolé pour Moebius ».

« Moebius est mort... »...j'ai reçu plusieurs sms Samedi pour m'annoncer la mort de l'auteur. Ma compagne m'a même envoyé « Désolée pour Moebius ». Elle me connait. Elle sait l'importance qu'a revêtu l'œuvre de certains auteurs dans ma vie. Bêtement, à la mort de Franquin, j'ai pleuré. Cette fois, pas de larmes. On grandit sans doute. Juste l'impression que le monde entier des lecteurs/auteurs de bandes dessinées est en deuil. Certains auteurs sont attachés à une époque. Leur œuvre importante pour l'histoire ne franchit pas forcément l'épreuve du temps. Celle de Jean Giraud / Moebius reste fascinante et unique. Se plonger dans son univers reste un passage obligé de tout amoureux de bande dessinée. Pas pour savoir ce que cette œuvre a apporté à la bande dessinée, mais pour se prendre une claque monumentale ... toujours opérante.
Je pense que la bande dessinée est avant tout narration. Le beau dessin ou la virtuosité technique ne m'intéressent pas en soi. Ce qui est fascinant dans le travail de Jean Giraud / Moebius, c'est cette capacité à nous plonger dans son univers. Oui, il est un dessinateur génial. Il suffit de voir les derniers Blueberry, pas les meilleurs mais ceux où son métier parle le plus, pour s'en convaincre. Nul autre que lui n'a fait à ce point ressentir l'ambiance d'un saloon ou l'aridité du désert. Non seulement son dessin y est virtuose et élégant, mais il ajoute sa propre histoire au scénario proposé. Charlier était un grand scénariste, mais c'est le dessin de Jean Giraud qui fait que des albums comme Chihuahua Pearl ou Le Sceptre aux balles d'or ont marqué la plupart de la clientèle bande dessinée que j'ai pu rencontrer dans mon expérience de libraire.
Si des auteurs comme Tardi, que j'admire par dessus tout, construisent leur « carrière » album après album, Moebius lui a fait œuvre. On peut être déçu par le dernier Monde d'Edena, ou par tel autre album ... mais ceci n'a aucune importance. Ce qui impose le respect, c'est cette œuvre métamorphe capable de toutes les excentricités : surcharge de détails, épuration à l'extrême, absence de texte, violence, mysticisme, trivialité, classicisme … tout ceci ne fait qu'une seule et même œuvre de bout en bout fascinante. Aucun autre auteur de bande dessinée ne peut se vanter d'avoir exploité à ce point les possibilités de la bande dessinée … et ce toujours avec cette même fascination enfantine pour son médium. Dans le très beau Moebius, entretiens avec Numa Sadoul (éditions Casterman, 1991), il dit :
« (…) On croit que telle image est conforme à ce que j'ai voulu ; en fait, pas du tout, il était prévu au départ un machin grandiose ! Mais ça, je peux pas l' écrire en marge, je ne peux pas dire au lecteur : "Ah si vous saviez ce que j'ai rêvé là (…) ". »

Ce Samedi 10 Mars 2012, j'étais triste. Ma compagne avait raison. « Désolée ». Il était rassurant de savoir qu'un homme comme Jean Giraud / Moebius existait. Un génie du dessin, sans doute, mais qui n'eut qu'un souhait : ne jamais se laisser enfermer dans son talent. Le monde de la bande dessinée est en deuil, car Moebius et Jean Giraud sont morts d'un même mouvement.
Dans Moebius, entretiens avec Numa Sadoul (éditions Casterman, 1991), il dit : « (…) De toute façon, il y a peut être des chances pour que je disparaisse un jour réellement sans qu'on sache ce que je suis devenu. Qu'on se dise : ''Tiens, au fait, Moebius, est-ce qu'il est mort ? J'ai pas vu sa nécro " »



mardi 28 février 2017

Gus, tome 4 : Happy Clem – Blain – éditions Dargaud- 2017


Gus, tome 4 : Happy Clem – Blain – éditions Dargaud - 2017



Huit années se sont écoulées depuis Ernest, le tome précédent de la série Gus initiée par Blain en 2007. Passée l’introduction où nous retrouvons Gus, la suite du copieux ouvrage nous permettra de suivre la nouvelle vie « heureuse » de Clem. Bandit, compagnon de route de Gus, accomplissant de derniers coups d’éclats avant de se ranger, et de vivre une existence de confort en compagnie de sa femme Ava et de sa fille Jamie. 

Clem ne perdrait-il pas dans ce changement d’horizon une part de ce qui le constitue ? Son couple lui-même peut-il vivre sans l’excitation qui composait son passé ?
Découvrir en Clem un héros vieillissant, se nourrissant de sa légende, par-dessus tout amoureux de sa femme et de sa fille est un acte d’une émotion rarement entrevue dans la bande dessinée.
Si le récit est parcouru d’aventures, de rebondissements et de personnages hauts en couleurs, c’est ce même attrait pour une nostalgie de liberté perdue contrebalancée par un amour pour son foyer qui infuse toute sa beauté à l’œuvre. La scène familiale au bord de la plage est à ce titre exemplaire. 


Happy Clem est un livre traversé d’amour et de mélancolie. Chaque trait exécuté par son auteur est porteur de ce même rapport au dessin : une envie d’en découdre, tout autant que de se perdre dans la contemplation.
Il faut encore insister sur l’art du mouvement insufflé par Christophe Blain, non seulement à ses personnages, mais aussi à ses mises en page, à sa narration. On admire chacun de ses gestes comme on se délecte de ceux d’André Franquin.
Je ne peux pas faire de plus grands compliments.

lundi 13 février 2017

Rencontre avec Benjamin Flao le 28 Février à la médiathèque le Singuliers (Belleville-69)


La prochaine  séance « le coin de la BD » aura lieu le Mardi 28 Février à 17h30. Le thème abordé sera le reportage dans la BD. A cette occasion, nous aurons comme invité Benjamin Flao,  auteur de La ligne de fuite ou encore Kililana Song, et collaborateur à la Revue Dessinée. Nous évoquerons son travail de dessinateur, ses livres, ses voyages et ses projets.

Nous serons ravis de vous y retrouver et vous y attendons avec impatience.

plus d'informations sur Benjamin Flao ici


Jirô Taniguchi (1947-2017)

Jirô Taniguchi (1947-2017)

Benoit Peeters in Jirô Taniguchi, l'homme qui dessine -  entretiens - éditions casterman - 2012:

"Jirô Taniguchi est devenu l'un des principaux passeurs entre le monde des mangas et celui de la bande dessinée. Mais il est surtout, tous domaines confondus, l'auteur d'une des œuvres  les plus fortes et les plus universelles de notre temps."