lundi 9 janvier 2017

Scalp – La funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage – Hugues Micol -éditions Futuropolis – 2017

ScalpLa funèbre chevauchée de John Glanton et de ses compagnons de carnage – Hugues Micol -éditions Futuropolis – 2017 


On suit le travail de Hugues Micol depuis 3 publié aux éditions Cornélius en 2001. S’en suivit nombre de livres importants faisant à chaque fois preuve d’une inventivité et d’une rage d’évoluer constante. On peut citer Séquelles, Le chien dans la vallée de Chambara, Prestige de l’uniforme ou Terre de feu. Dans ce dernier titre réalisé avec David B., était mise en scène une horde d’individus, chasseurs d’indiens, vivant principalement la nuit, s’étant surnommée les Somnambules. Par l’évocation de ces êtres fantomatiques, mercenaires violents et sans règles, David. B., comme à son habitude inventait des êtres au fort potentiel romanesque.

Avec Scalp, Hugues Micol semble prolonger ce travail, mais cette fois-ci en occultant la fiction afin de nous compter la biographie de John Glanton (1819-1851) Texas Ranger durant la guerre civile mexicaine devenu mercenaire chasseur d’indiens payé pour chaque scalp rapporté.

Refusant la construction scénaristique classique, Hugues Micol semble travailler son livre comme un chant, un long poème divisé en parties, mais semblant se dérouler sans interruption. Les hommes vieillissent mais semblent emporter inexorablement par la folie qui les anime. L’auteur y oublie le cadre rassurant des cases afin d’inventer des dessins qui se fondent les uns dans les autres, qui se corrompent l’un après l’autre. Le récit et le trait qui l’anime s’y écoulent avec une admirable fluidité.

Chaque planche proposée par Hugues Micol parvient à mêler beauté et sauvagerie. Le propos et la forme semblent s’allier pour nous rendre supportable l’inacceptable, tout en parvenant à nous en offrir une image qui par sa splendeur formelle nous hantera longtemps après lecture. C’est en trouvant le parfait équilibre dans cette dichotomie que l’auteur nous offre à travers cette terrible errance une œuvre d’une rare puissance.

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