lundi 5 septembre 2016

Les bottes suédoises - Henning Mankell - Seuil 2016.

 Les bottes suédoises -  Henning Mankell - Seuil  2016.

                    « les arbres sont beaux en automne
                    mais l'enfant qu 'est il devenu
                    Je me regarde et je m'étonne
                    de ce voyageur inconnu
                    de son visage et ses pieds nus. »

                    J'arrive où je suis étranger - Louis Aragon


    Le dernier roman d' Henning Mankell, décédé en octobre dernier. Les amateurs de l'auteur suédois avaient salué la parution en  2009  de  les chaussures italiennes  ; roman que l'on pouvait qualifier d'existentiel, tournant autour de  Fredrik Wedlin, médecin retraité, suite à un grave incident professionnel, vivant sur un îlot plein nord, dans une petite maison construite par son grand  père. Les réflexions de Wedlin nous faisaient irrémédiablement penser à Mankell. Que mettait il de lui dans ce personnage à la fois rustre et attachant? On savait qu'il écrivait , ou écrirait, une suite à ce roman, et il nous l'offre à titre posthume. Une merveille d''écriture, de construction narrative...et d'humanité.
Wedlin a soixante-dix ans, sa maison sur l'île vient de brûler, détruisant tous les souvenirs d'une vie...ainsi que les chaussures italiennes. Moment propice à un retour sur sa vie et ce qu'il en reste : « cette broche appartenait à la merveilleuse paire de souliers que m'avait offerte autrefois Giaconelli, l'ami de ma fille , le maître bottier des fortes de Hälsingland. C'est à cet instant que j'ai compris que j'avais réellement  tout perdu. De mes soixante-dix ans de vie, il ne restait rien. Je n'avais plus rien. »

 Petit à petit le roman sa construit sur un dialogue entre un homme prenant conscience de son âge, ses premières faiblesses,  tant affectives que  physiques et  une enquête sur les causes de l'incendie .

On est à la fois surpris et heureux de la conclusion, surtout la phrase ultime de Mankell / Wedlin :

« L'automne serait bientôt là.mais l'obscurité ne me faisait plus peur. »

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire