jeudi 14 janvier 2016

Watertown - Götting - éditions Casterman - 2015.

Watertown - Götting - éditions Casterman - 2015.

"La dernière fois que j'ai vu Maggie Lagger, c'était un lundi matin". C'est sur cette simple phrase que démarre Watertown . Nous y suivrons avec délice l'enquête, obsessionnelle, menée par Philip Whiting, modeste employé d'une compagnie d'assurance. 


Une fois de plus, et succédant au superbe et sans texte Noir (éditions Barbier Mathon) de 2012, Jean-Claude Götting nous offre un bijou de précision et de maîtrise. Si plusieurs des éléments constitutifs de son travail sont là: lenteur du rythme, voix off, cerne noir, texture des couleurs, découpage classique et ordonné, force est d'admettre qu'à l'inverse de nombre d'auteurs tentés par la tentation du pictural, l'exposition, l'auteur continue à penser ses images comme s'inscrivant dans un tout au service de la narration. Album après album, il a su affiner ses outils afin d'équilibrer à merveille la qualité de son texte à la beauté de ses images. L'un n'étouffant jamais l'autre. On contemple chacune des planches avec fascination, tout en étant happé par l'enquête qui s'y déroule. C'est cette contemplation qui est au cœur même de l'ouvrage: les visages sont familiers, les calligraphies se répètent, les paysages font écho...L'apparence sage et monotone distillée par Jean-Claude Götting voisine au final avec les tourments et les béances d'un Charles Burns, voir d'un David Lynch.

Démarrée en 1985, l'œuvre de Jean-Claude Götting prouve avec Waterton , qu'il est un des grands maîtres de la bande dessinée.


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire