dimanche 4 octobre 2015

Les fugueurs de Glasgow - Peter May - éditions du Rouergue - 2015. (titre original: Runaway)


Les fugueurs de Glasgow - Peter May - éditions du Rouergue - 2015. (titre original: Runaway)

Pour cette rentrée littéraire , un nouveau Peter May, différent, très différent des ouvrages précédents. Comme toujours, fidélité au genre polar ou roman noir,comme toujours un simple prétexte, un cadre formel pour écrire autre chose, de bien plus important.Cette fois ci, l'auteur nous propose le roman le plus autobiographique de sa carrière, un double « road movie » le premier se passe en 1965 et voit quatre copains de 16 ans, originaires de Glasgow, qui font une fugue pour gagner Londres dans le but de faire le tour des maisons de production et enregistrer un disque : « Il y avait des radios pirates qui diffusaient du rock and roll . Quiconque ayant une étincelle de talent musical voulait s'emparer d'un instrument et jouer ». Là ils assisteront à l'enregistrement par Bob Dylan de la vidéo de Subterranean homesick blues  avec Allen Ginsberg et Bob Neuwirth derrière le célèbre hôtel Savoy Parallèlement, nous suivons la même équipe, 50 ans plus tard, fuguant à nouveau ,dans un état physique plus ou moins délabré :« Il savait en vérité,il n'avait plus besoin de sa canne. L'essentiel de ses forces était revenu et le pronostic établi suite à son infarctus était favorable.Le régime qu'il suivait avait fait baisser son cholestérol de manière significative, et d'après les médecins, sa promenade quotidienne lui ferait plus de bien qu'une heure de salle de sport. » Entre ces deux fugues, le lien est un assassinat en 2015,qui semble renvoyer à la virée des jeunes en 1965. le titre anglais, Runaway  est important , Peter May à même enregistré un CD portant ce titre , dont la principale chanson porte ce nom.

Cette fugue , Peter May l'a faite en 1965, elle a échoué lamentablement comme celle des héros de son histoire. Voir pour cela l'article du  Guardian  montrant May et un de ses copains de cavale avant et 50 ans après.( http://www.petermay.info/)

Comme l'explique l'auteur dans un entretien, ce n'est pas tellement le crime qui est l'objet de l'histoire mais la confrontation entre les rêves d'une vie et le résultat plus ou moins pitoyable à l'heure du bilan. Réflexion ne s'adressant pas uniquement aux individus, mais aussi à toute une génération. May réussit à décrire l'ambiance des années 60, avec ses utopies, sa fringale de changement : « Je suis né juste après la guerre, la génération du baby-boom. Et j'ai grandi à Glasgow dans les années 1950 et 1960, deux décennies qui, tandis que je passais de l'enfance à l'adolescence, ont viré sous mes yeux du sépia au psychédélique ».  A côté, l'époque contemporaine fait pâle figure : « Et qu'avons nous à perdre de toute façon ? Combien de temps te reste-il avant de finir dans un foyer comme Jack ? Ou dans une salle de réveil, ou avant que nous soyons tous morts bon sang ? »

Une histoire chargée de mélancolie et d'humour dont on se détache difficilement.

1 commentaire:

  1. ma copine Mary en a déjà dit le plus grand bien, j'hésitais à cause du dernier, un peu bof bof, mais là...achat de Novembre ou même avant ! Je finis Le garçon incassable, j'aime beaucoup; j'aime beaucoup Henri...

    RépondreSupprimer