jeudi 5 mars 2015

Mauvais sang ne saurait mentir – Walter Kirn – éditions Christian Bourgois – 2015.


Mauvais sang ne saurait mentir – Walter Kirn – éditions Christian Bourgois – 2015.



Un célèbre usurpateur d'identité avait déjà donné naissance à un troublant roman avec L'adversaire d'Emmanuel Carrère. On connaît moins le personnage raconté ici de l'intérieur par ce livre de Walter Kirn : Christian Gerhartsreiter, qui se fit passer durant des années pour Clark Rockfeller, supposé héritier de la puissante famille, avant d'être accusé d'un meurtre commis en 1985. Walter Kirn fréquenta cet homme, il devint même une sorte d'ami.
Mauvais sang ne saurait mentir, à l'image du De sang froid de Truman Capote, est un objet littéraire composite, fait de documentaire, de littérature et d'autobiographie. Si le personnage de Clark Rockfeller est fascinant, on est tout autant charmé par la richesse de la structure du texte. Le livre avance, éblouit, revient sur lui même, semble se consumer, frôler des impasses mais ne cesse de s'inventer des formes à l'image de son sujet. A travers cette incroyable plongée dans l'âme humaine, Walter Kirn nous parle de peinture, de littérature mais aussi d'exigence, de trahison et de tout ce qui compose une existence.
«Ce tique était une tique cérébrale. Il vous grimpait dans les cheveux et se nourrissait de votre vie par une piqûre à travers votre cuir chevelu.»



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