lundi 24 mars 2014

Dragon bleu, tigre blanc - Quiu Xiaolong - Liana Levi - 2014


Dragon bleu, tigre blanc - Quiu Xiaolong - Liana Levi - 2014


Pour les amateurs de Xiaolong, nous retrouvons l'inspecteur Chen, ce policier qui est comme l'auteur, spécialiste de T.S.Eliott, et dont le père, néo-confucéen ,a été victime de la répression au moment de la révolution culturelle. Il s'agit là d'un grand Xiaolong, où s'entrecroisent toute la culture ancestrale chinoise, les réminiscences de poèmes remontant aux origines de l'Empire du milieu, la découverte, pour le lecteur, de la tradition de l'opéra de Suzhou, mais aussi la Chine des années quatre-vingt-dix, avec une ouverture sauvage à l'économie capitaliste, le seul contrôle étant celui du parti communiste, ou plutôt des cadres du PC, ceux que les chinois appellent les «gros sou » qui s'enrichissent et placent à l'étranger les capitaux détournés, car ils savent qu'ils peuvent disparaître de la hiérarchie du jour au lendemain. Une société oppressante à lire Xiaolong, car rien n'est explicite, tout demande à être décodé en permanence. Dans cet entrelacs,il y a des personnages comme Chen ou son ancien collègue, «Vieux chasseur» qui essaient de rester fidèles à leurs idéaux de jeunesse et à la culture traditionnelle de leurs anciens. Difficile de rester fidèle dans cette société, Chen l'apprend à ses dépends, trop sérieux et accrocheur dans ses enquêtes, il se voit retirer dès le début du roman son poste de chef de la police pour un poste plus prestigieux en apparence, qui n'est en fait qu'une mise à l'écart d'une enquête dans laquelle de gros intérêts touchant la Direction du Parti sont en jeu. Autant dire que la position de Chen est de bout en bout de ce très beau roman conforme à ce proverbe très ancien : «On a beau posséder des montagnes d'or et d'argent, en un jour, l'empereur peut tout emporter sans un mot.»

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