mardi 16 avril 2013

Le royaume des perches – Martti Linna – éditions Gaïa polar – 2013


Le royaume des perches – Martti Linna – éditions Gaïa polar – 2013


  Pour les amateurs de littératures venues du nord. Ceux qui ont découvert le suédois Mankell, puis Indridason l'islandais. Un nouveau venu, de Finlande cette fois-ci : Mutti Linna. Auteur d'une série policière dont le héros est le capitaine Sudenmaa de la criminelle. Nous avons avec le royaume des perches la première traduction en français.
Le personnage principal de ce roman se prénomme Ilpo dont le but dans la vie est la pêche à la perche , solitaire, sur un lac quasi perdu.
«  Dans les pays orientaux, ils ont le yoga, la position du lotus et le feng-shui. Chez nous on peut tremper du fil dans un trou de glace ou pêcher au lancer pour se confronter à des questions existentielles. On parle de méditation là... » et plus loin :  « Il s'agit de recueillement. De questions existentielles. Et dire que l'église luthérienne se prive d'un tel état en n'incluant pas la pêche sur lac gelé dans ses retraites monastiques. »
Ilpo est dérangé en pleine pêche par un appel de sa femme qui disparaît juste après. Que s'est-il passé ? Tout tourne autour de trois couples : Ilpo, sa femme disparue et son ex-femme qui est aussi sa belle-sœur puis le couple propriétaire du lotissement de pêche, couple proche du divorce, avec un fils Osmo qui n'est pas sans problème. Le troisième couple enfin, c'est le policier Sudenmaa, chargé de l'enquête, avec une femme alcoolique, complètement paumée, et une fille adolescente qu'il a en charge.
Trente-neuf chapitres, courts, très courts, parfois moins d'une page. Une construction très serrée où rien n'est de trop. Trois couples, un lac, le silence, les souvenirs :
«  Les souvenirs sont un peu comme l'eau qui goutte d'un robinet fatigué. On peut essayer de leur barrer le passage, on peut ajouter un joint d'étanchéité à l'endroit qui fuit, mais d'une manière ou d'une autre, ils parviennent à contourner l'obstacle. »
Une tragédie au sens antique du terme, dont le choeur seraient les bancs de perches.

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