vendredi 26 septembre 2014

L'alchimiste de Khaim / Zombie ball – Paolo Bacigalupi – éditions Au diable Vauvert – 2014.


L'alchimiste de Khaim / Zombie ball – Paolo Bacigalupi – éditions Au diable Vauvert – 2014.



Deux nouveaux ouvrages de Paolo Bacigalupi sont publiés ce mois-ci aux éditions Au diable vauvert. De cet auteur américain, on avait été admiratif de La fille automate (2012), puis séduit par le souffle de ses Ferrailleurs des mers (2013).
Aujourd'hui, il nous revient avec deux ouvrages peut-être moins ambitieux mais dans lesquels on ressent le même plaisir évident à raconter des histoires.
D'abord Zombie ball, plus destiné à un public adolescent mais dont l'humour, et les incessants clins d’œil à l'univers des comics (Transmetropolitan entre autre) et du cinéma (on pense à Super 8 de J.J. Abrams) ne peut que nous séduire. Dans ce roman débordant d’énergie, on va découvrir un abattoir de la marque Milrow où les vaches sont parquées dans de gigantesques enclos, avant d'être abattues, puis conditionnées afin de fournir les supermarchés et les fast-foods de sept États. Sauf qu'à force de nourrir les animaux avec des résidus d'autres, une partie de ceux-ci sont devenus des vaches-zombies. Il en va de même pour la population qui s'en nourrit. Bien évidemment, l'abattoir refuse de prendre ses responsabilités et continue à sur-produire sa viande. «Viande Milrow, bœuf de première qualité: de nos ranchs familiaux à votre assiette» disent-ils. Roman hilarant, mais non sans contenu, Zombie ball a l'immense qualité de ne pas prendre ses protagonistes -ni ses lecteurs- pour des décervelés. Sous son couvert «fun» et «déjanté», il nous décrit un monde effroyable dans lequel une bande d'adolescents nourris de culture bis s'échine à défendre des valeurs. Exercice de style peut-être, mais qui démontre une fois de plus son talent de conteur.
C'est cette dernière qualité qui épate dans la deuxième publication, L'alchimiste de Khaim, court texte de 120 pages mais dont la narration vous charme dès les premières lignes. Dans un monde où chaque utilisation de la magie est punie de mort et où l'horizon est bloqué par des ronciers proliférants et vénéneux, un alchimiste parvient à inventer une arme, un balanthast, qui permettrait à la cité de se débarrasser de ce fléau endémique. On est fasciné par la facilité avec laquelle Paolo Bacigalupi parvient en quelques pages à imposer son univers, à en expliquer tous les tenants, et à nous y guider avec une véritable joie. Il faut se laisser emporter par les talents de conteur de Paolo Bacigalupi.
«Le roncier nous dominait en d'innombrables couches emmêlées, l'avant-garde d'une forêt impénétrable qui s'étendait jusqu'à la Jhandpara des contes. A la lumière de nos torches, le roncier lançait des ombres étranges et affamées, semblait avide de nous serrer dans son étreinte soporifique.»

 

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