mercredi 3 septembre 2014

Et rien d'autre – James Salter- éditions de l'Olivier – 2014.


Et rien d'autre – James Salter- éditions de l'Olivier – 2014.



Avec Et rien d'autre, James Salter nous offre un roman à la fluidité éblouissante, démarrant à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et parcourant notre siècle jusqu'aux années 90, à travers la vie de Philip Bowman, directeur littéraire au sein d'une maison d'édition.

De chapitre en chapitre, il évoque cette vie, avance par strates de temps dans lesquelles les destins de chacun des personnages semblent se compléter, s'écarter ou se renouer à nouveau afin de nous dresser un portrait non pas d'un homme, mais d'une certaine génération.

Roman passionnant dans lequel on évoque à la fois Tolstoï ou Ezra Pound, tout en proposant parmi les plus belles pages de ce que l'on a pu lire sur le sentiment amoureux. Et rien d'autre séduit par sa fluidité et son style d'une rare élégance. Tout y est brillant, distancié et au final porteur d'une si belle mélancolie.

«Sa vie était exceptionnelle: il avait su l'inventer. Il avait rêvé de s'élever jusqu'aux cimes, se précipitant sans peur à l'assaut de la vague au milieu de la nuit, comme un poète ou un surfeur de Californie, comme un fou, mais il y avait aussi la réalité tangible du matin, le monde encore endormi, et Christine qui dormait à ses côtés. Il pouvait lui caresser le bras, la réveiller s'il le voulait. Il en était malade rien que d'y penser. Malade de tous ces souvenirs. Ils avaient fait des choses ensemble qui l'amèneraient un jour à regarder en arrière et à comprendre qu'il était l'amour de sa vie. C'était une idée un peu sentimentale, la trame d'un roman à l'eau de rose. Elle ne regarderait jamais en arrière. Il le savait. Leur histoire ne représentait que quelques pages succinctes. Même pas ça. Il la haïssait, mais que pouvait-il y faire?».

1 commentaire:

  1. contente de retrouver ton écriture, ça me manquait. Et bon moment hier au soir. Tu n'imagines même pas comme ce contact avec des lecteurs et un bain de bouquins me manque

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