mardi 28 janvier 2014

Wet Moon – Atsushi Kaneko – éditions Sakka – 2013.


Wet Moon – Atsushi Kaneko – éditions Sakka – 2013.



Wet Moon est la nouvelle courte série de Atsushi Kaneko annoncée en trois tomes et succédant à l'immense Soil (éditions Ankama) dont on disait le plus grand bien ici.
Comme à son habitude, on va comparer le style de cet auteur de manga atypique, à Charles Burns ou Paul Pope pour le graphisme et à David Lynch pour les constructions scénaristiques labyrinthiques. Pour autant, ces filiations forcément réductrices ne disent en rien les trésors insensés qui se trouvent mis en jeu dans chacune de ses propositions.
Wet Moon, d'apparence plus classique que ses prédécesseurs Bambi et Soil, nous narre l'histoire de l'inspecteur Sata, blessé suite à la poursuite – et à la fuite- de Kiwako Komiyama, principale suspecte d'un meurtre. De cet échec, il gardera un mystérieux éclat métallique niché dans son cerveau et une obsession délirante envers la jeune femme.
Comme à son habitude, Kaneko infuse son album de références cinématographiques plus ou moins revendiquées: du Voyage dans la lune de Méliès au fétichisme d'Hitchcock dans Vertigo... Son graphisme d'une précision impressionnante répond à une mise en page millimétrée. Si le rappel au vocabulaire cinématographique est là, il ne faut pas se méprendre: loin de tout déploiement purement formaliste, ce qu'interroge Kaneko c'est la richesse de son médium et non une «copie» de son lointain cousin. A ce titre, on peut admirer la page 195 présentant Sata enfant, perdu dans la foule et perdant progressivement sa mère. Planche sans texte mais où la tension dramatique est palpable, angoissante à l'extrême. C'est par ces trouvailles narratives incessantes que se construit un récit d'une richesse sensorielle éblouissante.


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