lundi 2 septembre 2013

Le silence – Bruce Mutard – éditions çà et là – 2013 et Le centre de la terre – Anneli Furmark – éditions çà et là – 2013.


Le silence – Bruce Mutard – éditions çà et là – 2013 et Le centre de la terre – Anneli Furmark – éditions çà et là – 2013.

 



  Comment font les éditions çà et là pour nous offrir des albums qui comptent parmi les plus beaux et les plus intéressants de leur année de sortie? Pour rappel, La coiffe de longue vie et Mon ami Dahmer font déjà partie de ce qui est paru de plus fort et passionnant en 2013.
Le panorama continue avec la découverte de deux autres terres de production de bande dessinée : une auteure suédoise (qui nous conte une histoire se passant en Islande dans Le centre de la terre) et un auteur australien (avec un récit se déroulant en partie dans un Queensland isolé dans Le silence).

Ces deux projets en apparence dissemblables ont comme point commun de laisser une grande place aux paysages dans lesquels ils se réalisent.

Dans Le centre de la terre, nous suivons Axel, jeune Suédois de 16 ans en vacances en Islande, et surtout adolescent en conflit avec la terre entière, et particulièrement sa mère et le petit ami de celle-ci, Toralf. L'ouvrage démarre comme une chronique pertinente de l'adolescence avant de s'enfoncer dans les paysages et l'atmosphère islandais. Le graphisme y est singulier, fait de mélanges de techniques (plume, stylo, encres, crayons de couleurs...) qui contribuent à donner à ce périple un aspect envoûtant et mouvant.

A l'opposé du spectre de la bande dessinée se trouve Le silence. Choosy et Dimitri partent dans le Queensland à la recherche d'un peintre dont les toiles les fascinent mais avec peu d'indices pouvant les mener à leur créateur. Choosy travaille pour une galerie et imagine là une véritable source de profit, tandis que Dimitri est lui un peintre traversant une crise quant à la légitimité de son activité. Véritable œuvre intimiste teintée de questions existentielles, Le silence se révèle vite une quête originale traversée de rencontres et de lieux insolites. Le dessin réaliste peut dans un premier temps rebuter par excès de classicisme, surtout après la lecture du flamboyant Le centre de la terre, mais très vite les compositions au sein des cases et le découpage millimétré des planches se révèlent fascinants.

A travers ces deux possibles de la bande dessinée, les éditions çà et là nous offrent, à nouveau, deux œuvres au pouvoir de séduction et de réflexion hautement salutaires.

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